Je suis né en juin 1941, le six, (j'étais donc là trois ans avant les Alliés), à Toulouse, Place Lucas, qui n'existe plus, à quelques pas du Conservatoire de Région de Musique…un signe! Vers 1950, mes parents m'offrent un accordéon, instrument qui m'avait littéralement subjugué lorsqu'un certain Barrois, un inventeur de génie (réellement!) en jouait. Après avoir commencé à en jouer tout seul, et à l'envers, pendant quelques mois, (je suis gaucher contrarié) ma mère m'inscrivit dans la meilleure école d'accordéon de la région, chez René Feuillet. Vers 1953, j'ai 12 ans, je commence à jouer dans un groupe folklorique, Le Poutou de Toulouse, et donc à faire de la scène…je n'en suis plus redescendu, et j'ai l'intention de continuer, tant que je tiendrai debout! Assez vite, je dois aller apprendre le solfège au Conservatoire de Musique. Moi qui ai été professeur de solfège dans une école de musique pendant vingt ans, je comprends mes élèves, et compatis …Ce mal nécessaire qu'est le solfège est vraiment insupportable! Mais …il est l'alphabet de la musique! L'emmerdeur incontournable! Anecdote : Une année, je me retrouve à côté de Roger LOUBET en classe de solfège (on n'avait pas inventé, encore, le terme: FORMATION MUSICALE, plus élégant que SOLFÈGE...Tout comme TECHNICIENNE DE SURFACE est plus élégant que FEMME DE MÉNAGE, mais ce qui ne change rien à la situation.)... donc, je me retrouve en classe, au conservatoire, à côté de Roger. Il est un peu plus jeune que moi. Lorsqu'on a douze ans, environ, deux années de différence, c'est énorme! Une dictée musicale se passe en une première lecture, le professeur, joue la dictée au piano, puis on commence, mesure par mesure, avec la note d'enchaînement. Donc, ce jour-là, qui ne fut pas le dernier, Roger me regarde après la première lecture et me dit en souriant:
Tu as tout toi? Moi il me manque quelques rythmes...
Roger LOUBET a l'oreille absolue. Moi j'ai l'oreille relative. Il n'y peut rien, n'y est pour rien, et je n'y peux rien! En plus Roger possède cette mémoire... qu'avait MOZART, qui retient pratiquement tout de la structure d'un morceau de musique, dès la première audition... J'ai eu ainsi quelques amis, comme Pierre THEODORY, ayant cette oreille absolue et cette faculté de comprendre une structure musicale dès la première audition... Celà n'ajoute rien à leur qualités de musicien, et, bien entendu, ça n'enlève non plus rien à ces qualités! FIN DE L'ANECDOTE Heureusement que je n'ai pas eu que des R.LOUBET comme voisins au conservatoire! De quoi vous complexer à vie! Et, en plus, la simplicité de ces musiciens et à la dimension de leur talent!
La Prévention Routière
Vers 1956/57, je suis contacté par un responsable de la Prévention Routière. À cette époque, la P.R. organise des tournées de spectacle pour les enfants afin de les sensibiliser à tout ce qui touche aux dangers de la route, et autres. Des clowns, un illusionniste Bordelais, excellent au fait, un fantaisiste, un présentateur connu à l'époque (désolé d'avoir oublié son nom, c'est un peu loin…je crois qu'il s'appelait Michel Varennes), une chanteuse très connue dans la région Claude Péraldy qui est accompagnée par Jean Rigal, accordéoniste reconnu à cette époque. Jean Rigal, qui fait aussi danser, ne pouvait pas assurer les spectacles de Samedi et Dimanche. Je dois donc le remplacer! Accompagner Claude Péraldy à tout juste quinze ans est plutôt lourd. Mais l'inconscience de l'âge fait le reste!
«Deux mots sur les clowns: c'étaient des CRS! Si si! Je vous le jure! Deux hommes absolument adorables, à l'humour extraordinaire, débordant de trouvailles et d'amour pour leur jeune public! C'était avant 68 bien sûr!...mais non je plaisante!...Mais c'était tout de même, plus de dix ans avant, les "CRS…SS…", scandé par les étudiants (dian-dian) qui, peut-être, étaient les jeunes enfants du public de la Prévention Routière de cette époque…et eux, ils ignoraient que les deux personnages qui faisaient des cascades, et qui les faisaient rire, étaient d'authentiques militaires de la CRS…comme quoi! Je n'ai jamais oublié mes deux clowns...CRS!»
A cette époque donc, je fais cette tournée. Nous partons deux jours par semaine. C'est mon premier salaire véritable de musicien, et c'était bien payé! J'accompagnais Claude Péraldy, jouais quelques morceaux de concert et me retrouvais au rang de mini-star! J'avais fait faire des photos que je dédicaçais! Je vous jure! De quoi prendre la grosse tête! Il ne faut pas oublier qu'à cette époque, Claude Péraldy, ex-femme de Lionel Cazaux, chef d'orchestre très réputé de la région (qui fut l'un des arrangeurs de Charles Trénet), femme de Jean Rigal (très connu à cette époque) était une vrai star! Une grande dame qui a tout mon affectueux respect! Je garde de cette époque d'étranges souvenirs, c'est lointain, très agréable à mon ego…dédicacer des photos à des minettes de mon âge, était quelque chose d'extrêmement valorisant! Je n'ai, malheureusement pas de photos de cette époque, et les rares articles qui parlaient du spectacle, et donc de moi, ont dû s'égarer durant quelque déménagement! Je devais vous parler de cette époque, de Claude Péraldy, que j'ai revu lors d'une soirée, beaucoup d'années plus tard, et qui m'a reconnu et embrassé, ce qui me fit bien rougir de bonheur! Et vous parler aussi des deux clowns-CRS, l'une des choses les plus étonnante que j'ai vues! Voilà pour cette période…
Georges VAUR: PIROULET
Quelque temps plus tard, je ne peux préciser la date avec précision, mais la chronologie est exacte, quelque temps plus tard, donc, on me contacte pour accompagner une opérette. Je dois remplacer…Guy Katz qui arrête pour des raisons Xyz…! Il s'agit de la troupe de Georges Vaur: Piroulet! Une célébrité régionale, qui a eu? aussi, les honneurs de grandes chaînes de télévision nationale. Georges Vaur fait partie des personnages que je ne regrette pas d'avoir côtoyé! Comme tous les artistes de talents, il a cette modestie qui inspire le respect. Ce qui me frappe dans ce monde artistique - je ne parle pas du "show-biz" mais du monde artistique, et toc... - c'est que plus l'artiste a du talent et plus il est modeste, simple…en fait, son talent suffit! Et toc(bis) Georges Vaur a du talent! Bien sûr les opérettes qui mettent en scène Piroulet sont en français mais avec beaucoup de patois de notre région, et donc notre public se situe dans les campagnes et les villages. J'ai été sidéré, plusieurs fois, de voir installer les décors de l'opérette dans une grange emménagée à cet effet, pratiquement en rase campagne, avec quelques rares fermes alentour, et, le soir, avoir des organisateurs qui refusent du monde par manque de place, et je vous assure que la grange était immense! Les gens sortaient de partout…et de nulle part! Le public rural est simple, sans détours, et Georges Vaur/Piroulet parle simple et sans détours! Pendant plus d'un an j'ai donc accompagné la troupe de Georges Vaur et des autres artistes. Des chanteurs régionaux aux talents divers. Je me souviens d'un vieil acteur, digne, au grand métier, rattrapant des situations inextricables, restant de glace face à certains fous rires sur scène (ce qui accentuait encore plus les fous rires). Dans certaines conditions de fatigue, ou autres, les fous rires sont assez fréquents! Quant à moi, je dois guetter, en coulisse, la réplique clé qui me sert de repère pour démarrer une intro à l'accordéon lançant l'un des nombreux chants de l'opérette. Quelques sueurs froides, certains soirs, où la réplique ne vient pas, ou, pire, ne m'est pas parvenue aux oreilles! Parfois, je joue un morceau d'accordéon solo en ouverture. Tout ça étant, bien sûr, une excellente école! Mais la vie continue et m'entraîne vers d'autres horizons et d'autres styles de musique!...
Le Conservatoire
Je dois, aussi, choisir un instrument pour pouvoir continuer mes études au Conservatoire. À 12, 13 ans, on est très vieux dans un Conservatoire, surtout dans les années cinquante! J'ai donc dépassé l'âge limite pour la plupart des instruments, et, à cette époque, l'accordéon n'est absolument pas reconnu dans les Conservatoires! J'ai le choix (pas dans la date!) entre la contrebasse à cordes ou le trombone à coulisse. Le nombre d'accordéonistes qui sont passés par ce chemin est surprenant: Richard Galliano, Jean-Louis Noton, Alex Perdigon, Bolognési… L'instrument commencera à me plaire lorsque, vers l'âge de 15/16 ans je découvre le jazz, J.J.JONHSON et Kay Winding…et d'autres… L'intérêt de ce paragraphe sur le trombone et le jazz est primordial! Alors que mes confrères accordéonistes axent leurs études musicales sur les classiques de l'accordéon, je m'intéresse à la musique de jazz… Ma culture est assez différente de celle des beaucoup de mes collègues… J'obtiens mon prix de Solfège vers la fin des années cinquante (58/59...?) Mon prix de trombone devra attendre mon retour du service militaire (1961-1963 dix-neuf mois) Vers 15/16 ans, justement, alors que je commence à apprendre le trombone au Conservatoire, j'entre dans un orchestre de bal de Montauban. Je fais mes premières armes sur les scènes des fêtes de village, ce qui, à mon sens, est l'une des meilleures écoles! Le problème est qu'il faut savoir en sortir! Car, sans être méchant, ces petits orchestres de "balloche" des années cinquante, n'étaient pas toujours du meilleur niveau! Les conditions étaient surtout assez difficiles, mais beaucoup moins difficile que travailler dans une usine! Pour ce qui est du niveau des orchestres de Bal, ce 21ème siècle n'a guère fait mieux! Le problème étant la finalité d'un orchestre de bal : FAIRE DANSER Un peu plus tard, avant de partir faire mon service militaire, je rentre dans une formation plus professionnelle, puisqu'il s'agit de l'orchestre de Gilbert VOISIN, grand prix de clarinette de Genève, soliste à Radio Toulouse, et j'en passe! C'est en 58…ça va très mal en Algérie! Je commence à côtoyer des musiciens d'un niveau supérieur. Mon attirance vers la musique de Jazz, aussi, me fait évoluer dans un milieu très différent de celui de l'accordéon. J'ai la chance de travailler avec le vibraphoniste Toulousain Claude Guillaut, qui nous a quitté beaucoup trop tôt, qui m'a appris pas mal de choses, et fait connaître des musiciens passionnants: Michel Roques, Guy Laffite bien sûr, et d'autres. Je ne voudrai pas oublier Francis Higounencq (je ne suis pas vraiment sûr de l'ortographe), tromboniste chez Claude Guillaut, ingénieur à l'aérospaciale, homme a la culture impressionnante, qui savait doser ses conseils sans jamais étaler sa culture! J'ai appris beaucoup avec lui...
Après l'armée
Après mon service militaire, qui me permettra de travailler le trombone, puisque je suis dans la musique, à Castres, puis Montauban (!!!) et Lille pour terminer, après donc mes obligations militaires, en 1963, pendant lesquelles j'ai fais aussi la connaissance d'un saxophoniste de l'Aude, Jules Calmettes, d'un très bon niveau (Dire de Jules qu'il a un bon niveau...C'est un misicien extrêmement doué, et l'un des meilleurs saxophonistes que j'ai connus!). Nous deviendrons amis très vite. Il va m'être impossible de citer tous les musiciens que j'ai connus, et qui sont devenus mes amis, ici, dans un blog! J'entre dans une grande formation, l'orchestre Bob Edison, de renom, avec des musiciens de très grand talent…avec Jules Calmettes! Je vais tout de même citer le trompettiste, chef de pupitre, Christian Prébilac, qui nous a quitté voici quelques mois, et qui, à grands renforts d'engueulades m'a appris le métier de musicien de pupitre! Merci Christian, je ne sais pas si les jeunes d'aujourd'hui aimeraient tes engueulades, mais tu m'as appris le métier, c'est pour ça que je t'ai toujours aimé et respecté! Là, chez bob, je suis surtout tromboniste. Je commence à me faire un nom dans la région Toulousaine. C'est là aussi, qu'une des chanteuses de la formation me surnomme ZAZA. Ça fait plus de quarante ans et la plupart des musiciens que je côtoie ne me connaissent que sous ce surnom… Je commence, aussi, à faire ce qui est une véritable passion, les arrangements. J'aime écrire, faire sonner… Chez Bob Edison, l'orchestre était composé des trois saxophones, Alto, Ténor et baryton, deux trompettes et un trombone. Et la rythmique (piano, basse, batterie). Six cuivres! Un rêve! Là, je vais passer au niveau supérieur…
Chez Edourd Duleu
À côté de Toulouse, il y a Gauré…et le château de Gauré, La Coda, et surtout son propriétaire: Édouard DULEU, accordéoniste connu nationalement, et même internationalement! Duleu est très coté dans la région, mais, le style de musique qui fait son succès est extrêmement loin de la musique que j'aime! Bien que j'aie affirmé quelques mois auparavant à un ami musicien, et batteur, que jamais je ne pourrais jouer dans ce genre d'orchestre…ben…, les arguments de Duleu sont irrésistibles! Ah fontaine!... Un salaire d'ingénieur en aéronautique pour jouer deux jours par semaine…difficile de refuser! 1968. Le grand bordel! Toutes les révolutions (1789, 1830,1936…) se sont faites dans le plus grand bordel, et 68 n'échappe pas à la règle! Pour moi, aucun rapport! J'ai 27 ans, je commence à me poser pas de mal de questions sur ce que je fais chez Duleu…mon trombone reste très souvent dans la remorque de l'orchestre, je ne travaille plus que l'accordéon, ce qui ne me sert à rien puisque, chez Duleu, je suis avant tout tromboniste. Je vais le remplacer durant un mois, lorsqu'il a un accident de cheval! Je suis le seul accordéoniste Toulousain à avoir VRAIMENT remplacé Édouard DULEU sur scène (dans ces années-là: 1965/1968) et pratiquement le seul à ne pas le revendiquer! Difficile que de remplacer ce bonhomme. Pas techniquement! (Sans prétention aucune!). Mais sa personnalité, très forte, sa carrure, sa présence sur scène…je m'applique, m'efforce de jouer sur un instrument accordé comme le sien, c'est-à-dire, avec énormément de vibrations…exactement l'inverse de ce que j'aime! MAIS JE LE FAIS! Je suis un musicien professionnel non?! Celà me donne aussi l'occasion de rencontrer André Astier, l'un des meilleurs accordéonistes Français de l'époque. Technique, musicalité (c'est un musicien quoi!) et gentillesse/simplicité sont les qualités d'André Astier. Les accordéonistes savent de qui je parle! Et lorsque, André Astier, qui remplaçait E.Duleu dans certains galas, me disait: "À toi!", vers minuit, parce qu'il commençait à être un peu fatigué, j'étais, comme l'on dit, dans mes petits souliers...Le comble était que le public ne faisait guère de différence! Mon air perplexe lorsque André Astier me disait "À toi", qui semblait vouloir dire "vous croyez que c'est une bonne chose", amusait beaucoup ce dernier. Quatre, ou cinq fois, par an, tous les deux/trois mois, nous allions à Paris pour faire une télé. C'était l'époque de J.Chabannes, grand ami de Duleu, et de son émission de midi "Paris-Club". Les disques étant enregistrés avec des musiciens de studio parisiens, je parle pour les instruments d'accompagnements...en ce qui concerne E.Duleu, ce n'est pas le lieu de débattre, de savoir si c'était lui ou pas lui qui enregistrait...et ce n'est pas mon propos! Je parlais donc des musicien qui accompagnaient Edouard sur ls disques...au trombonne, il y avait en règle générale Benny Vasseur, tromboniste de jazz qu'il est inutile de présenter! Un des meilleurs trombone français de l'époque! Donc, je faisais mes "play-back" sur une enregistrement de B.Vasseur! Le grand pied! D'autre fois, c'était une émission entière consacrée à l'accordéon. Une émission de 45 minutes, parfois plus d'une heure. Ces enregistrements se faisaient à Paris, parfois en plein air, dans l'un des innombrables dancings parisiens, ou d'autres fois, à Gauré, dans le château qui se nommait La Coda. Là, lors d'un enregistrement dédié au rugby et à l'accordéon - E.Duleu n'a jamais reculé devant rien -, j'ai eu l'occasion de cotoyer l'innénarable Roger Couderc, grand ami d'Edouard, et l'abbé Pistre, Le Pape du Rugby! Tout ceci a contribué à me retenir plus de trois ans chez E.Duleu. J'ai parfois été un peu gêné d'être reçu, et très souvent, comme un demi-dieu! La côte de Duleu, dans les années 64/68 était au plus haut! Nous étions reçus comme des princes! (C'est quand même très agréable!" J'ai recommencé à jouer dans un petit groupe de toulousains, avec Jules Calmettes et une très bonne rythmique, pour faire un peu de jazz. C'est là que je commence à réaliser que je ne sais pratiquement plus jouer du trombone! Ben tiens! Trois ans pratiquement que je ne travaille plus! Le "bal des vendanges" n'est pas le genre de morceau qui encourage à faire des gammes…c'est fait pour danser et s'amuser! Pas du tout la même motivation! René ROUAIX vient me voir pour me proposer de rentrer dans son orchestre, composé de vieux musiciens, qu'il veut rajeunir. Il veut surtout que j'écrive TOUS LES ARRANGEMENTS. Je commence à avoir la réputation de faire sonner les cuivres pas trop mal!
Après 68 Ray MERENGUÉ.
Je rentre chez Ray Mérengué pour m'occuper de la musique, comme arrangeur en fait. J'ai écris, dans la version précédente de mon site, que Dieu seul sait si ce fut la meilleure chose que je fis de ma vie, j'aurais pu écrire la même chose en parlant de ma période DULEU. En effet, à la fin de cette époque je ne savais plus jouer, pratiquement, de trombone...(voir le texte "Chez Edouard Duleu") Donc...correction... Je me met au travail tout de suite. 68,69,70... J'ai appris à écrire, à faire sonner, surtout que les années 70 furent très riches: Chicago et Blood (sweat and tears), avec les français, Becaud, Fugain, Ferrer, entre autres, sortant des morceaux aux arrangements géniaux! La formation ayant acquis une assez grande réputation régionale, j'ai eu l'occasion de jouer (vous avez remarquer que les musiciens ne parlent jamais de travailler, mais qu'ils disent JOUER!), donc, de jouer avec des musiciens d'un très haut niveau! Donc...ce furent 19 années très denses. J'ai pour habitude, surtout en prenant de l'âge, de ne regarder le passé QUE COMME UNE EXPÉRIENCE DE PLUS. Et si, alors que cette période est la plus longue dix-neuf ans tout de même, la rubrique semble la plus courte, c'est pour ne pas me perdre dans certaines considérations un peu trop personnelles pour une époque qui fut dense, comme je l'ai écris plus haut, mais véritablement difficile, avec quelques dépressions nerveuses et pas mal de problèmes que j'ai résolus depuis. Musicalement, ce fut une période très riche. J'ai travaillé avec des gens extraordinaires, Paul Chalain Ferret (professeurs de guitare au Conservatoire de Toulouse) fils de Chalain Ferret, de la famille des Ferret (Matelot et tous les cousins de Djando, le vrai), qui a toute mon amitié, Mike Shanon (qui fit un court passage chez Mérengué) un chanteur de grand talent, et des instrumentistes qu'il serait trop long de citer ici - j'aurais peur d'en oublier, n'oublions pas, surtout, Serge Guirao, alors très jeune, débordant d'énergie et de talent, déjà, à qui j'adresse une pensée très émue (Serge est très malade...), il y eut aussi Gérard Salesse, organiste et musicien très doué, avant qu'il ne monte à Paris chez Halliday, Vartan, et Dorothé, chez qui il était compositeur, organiste arrangeur... À cette époque, lorsqu'il y avait Serge Guirao qui sautait sur l'hammond de G. Salesse dans des rock's complètement délirants, il y eut aussi Henry Puget, le Dr. SAX d'une autre rubrique. Nous faisions déjà du spectacle...(à suivre dans la rubrique Dr.Sax)... Un jour, un jeune guitariste vînt faire un remplacement. Il s'appelait, et s'appelle toujours, Pierre. On jouait déjà du Chicago et duBlood Sweat & Tears, entre autres! Le garçon avait pris le classeur dans la semaine, et débarquait ainsi, sans répétitions! J'étais un peu inquiet tout de même! Pierre était un garçon (je ne dis pas homme parce que je crois qu'il avait tout juste dix-huit ans, peut-être moins...)très sympathique. Nous mettons donc notre Habit de Lumière après avoir installé le matériel, et ça commença! Nous avions déjà un indicatif qui était l'un des morceaux de Chicago...Ça rentrait dedans dès le début! Notre jeune guitariste était penché sur son pupitre, suivant la partition...La musique se déroula sans l'ombre d'un problème, au contraire...La suite fut de la même veine. Si Pierre avait répété avec nous ça n'aurait pas été mieux! C'était Pierre Théodory, tout simplement, arrangeur, guitariste de studio, violoniste, actuellement professeur de violon, mais en jazz (je crois) au Conservatoire de Région de Toulouse, et que j'ai la plaisir de compter parmi mes amis...Son talent va de pair avec sa gentillesse, et Pierre est un garçon très, très gentil! Parmi les musiciens que j'ai failli oublier, il y eut aussi Guy Perrin, un batteur au talent immense, qui nous a quitté beaucoup trop tôt après une longue maladie et a qui j'adresse un petit clin de notre basse terre...Guy Perrin, qui était aussi chirurgien dentiste, fut un des musiciens du groupe toulousain Le Coeur avec François Porterie, Pierre Groscolas(Fille du vent, vous connaissez?), Roger Loubet(arrangeur chez Sardou, Hallyday, et j'en passe!)... Le Coeur fut un groupe Toulousain qui apporta une couleur très particulière...c'est ça le talent! Par la suite il y eut un couple de chanteur et danseuse, Michel(qui nous a quitté malheureusement voici quelques années) et Lillyane, sa femme et complice sur scène, qui faisaient un travail extraordinaire, en vrais professionnels qu'ils étaient...J'ai gardé des contacts avec Lylliane (Lilou), remariée maintenant, qui a une fille, bien grande maintenant, ce qui ne me rajeunit pas! Mais bon... En parlant de Lilou...À une époque, nous avions un chanteur, Didier Blanc, qui habitait à Marseillette, dans l'aude. Il avait là un restaurant- bar- hôte- pompe à essence-bureau de tabacet je crois que c'est tout. Nous y dormions souvent lorsque nous jouions dans la région. Il y eut pas mal de délires à Marseillette, avec les repas en plein milieu de la nuit, après le bal...Il y avait beaucoup de monde dans ce Café-restaurant-etc, et une adorable petite fille, la fille de Didier, qui s'appelait Olivia, et qui devait avoir quatre ou cinq ans à cette époque...Olivia était une adorable strompfette, vive, qui adorait venir discuter avec Lilou(normal non, entre filles!). Cette Olivia là, s'appelle aussi Olivia Ruitz et je l'embrasse avec beaucoup d'affection, en lui disant, ce que je lui ai déjà dit de vive voix, combien je suis fier de son parcours! Beaucoup de musiciens ont défilés chez Ray Mérengué, beaucoup de choses se sont passées, et, maintenant que j'ai commencé à développer, je pense que je serais obligé d'y revenir..
Que ceux que j'ai oubliés veuillent bien me pardonner...
Prof...
Vers les années 81,82, il y a un vide terrible. Des semaines à rester à la maison...on commence à parler de l'intermittence de la profession de musicien! L'un des musiciens de l'orchestre, Alain Montaut pour ne pas le citer, me propose une place de prof de solfège dans l'école de musique que dirige son père. J'ai appris sur le tas, pour commencer, puis le ministère de la culture organise des stages de formation pour les professeurs en école de musique, qui se déroulaient au conservatoire de Région de Toulouse. Les stages étaient animés par des professeurs du Conservatoire. J'ai beaucoup appris… J'ai ainsi jusqu'à quinze classes de solfège (on dit formation musicale, mais ça revient au même de toute façon!). Quinze classes c'est un maximum, et c'est assez dur à gérer! Il y eut l'harmonie de l'école, qui devient celle de la ville de Plaisance-du-Touch. Alain Montaut quitte l'école de musique pour des raisons personnelles, et c'est Patrick Fried, professeur de piano et de Solfège qui assume les rôles de responsable pédagogique. Nous prenons la direction de l'harmonie de l'école, qui est aussi l'harmonie municipale. Fried, qui est un excellent pianiste, et prof, dirige aussi le big band, dans lequel je joue. Je dois ouvrir une classe pour les élèves qui passent le bac option musique, ce qui me permettra d'enrichir ma culture générale artistique, et musicale. Quant aux classes de solfège, elles m'obligent à maintenir mon niveau…donc tout cela est très positif! La suite, c'est quelques années sans la scène, et ça, c'est la pire des choses pour un musicien! J'y retournerai très vite (sur scène, tiens pardi!) Un orchestre formé par des profs de l'école de musique, ARTISTY...
Et maintenant...comme dirait Gilbert
Puis, quelques errements. Un orchestre de très bon niveau: Jean RIBUL, avec de super musiciens, qui ont toute mon amitié et, pour terminer, disons pour le présent, l'orchestre mythique : Sentimental Trumpet. (ben oui il existe toujours!). Je joue là avec des amis et des musiciens d'un niveau très élevé. Ce n'est que du bonheur! Quand j'écris: pour terminer, c'est parce que je parle du présent! Un présent qui dure depuis pas mal d'années! Je suis actuellement à la retraite de professeur de musique (agent territorial) mais musicien en pleine activité! Sentimental, le Quatuor Toulouse Accordéon, et Dr Sax, qui as d'autres projets. Le CD n'est pas encore sorti : Les formalités administrative (morceaux composés par des musiciens résidant aux U.S.A., entre autres ) sont toujours longues... JE NE MANQUE PAS DE VOUS TENIR AU COURANT, ICI, DE L'ÉVOLUTION DU PROJET Dr SAX
J'espère ne pas avoir été trop long! Zaraté dit Zaza (depuis plus de quarante ans!).